La Turquie, nouveau sponsor du terrorisme international?


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La Turquie devient une base arrière pour les rebelles au régime syrien, d’où les combattants islamistes radicaux organisent leurs attaques. Le tout dans l’apparente indifférence de la communauté internationale.

Les derniers événements d’Ukraine ont provisoirement relâché l’attention de la communauté internationale sur les développements en cours de la crise syrienne, et en particulier sur les combats se déroulant actuellement à la frontière turque. C’est tout juste si une dépêche de presse a relaté que l’armée turque a abattu un chasseur syrien qui y bombardait des rebelles.

L’implication croissante de la Turquie dans ce conflit devrait pourtant constituer un motif supplémentaire de préoccupation.

Car si l’objectif conjoncturel d’Ankara d’abattre le régime de Bachar El-Assad est éventuellement conforme aux souhaits des Occidentaux, les méthodes employées devraient susciter la plus grande inquiétude. La Turquie est en effet en passe de devenir l’un des principaux « hubs » régionaux du terrorisme international, loin devant d’autres Etats qui ont pu trainer cette réputation.

Le dernier exemple des pratiques turques en la matière a débuté ce 21 mars. Au petit matin, des islamistes radicaux ont pénétré en territoire syrien à partir de trois bases situées en Turquie pour y attaquer le canton de Kessab. A cet effet, les combattants islamistes identifiés comme appartenant à Jabhat Al-Nosra, récemment rebaptisé Al-Qaïda au Levant, sont nécessairement passés entre les casernements de l’armée turque. Les combats sont encore en cours mais on rapporte de sources sûres que les blessés islamistes ont été rapatriés en Turquie où des soins leur sont prodigués. C’est dans ce contexte qu’est survenu l’épisode de l’avion abattu.

Kessab n’est pas n’importe quel village de Syrie. C’était en vérité la dernière bourgade de l’Arménie ottomane : par une bizarrerie administrative, Kessab fut le seul village rattaché à la Syrie lorsque la France a honteusement abandonné le Sandjak d’Alexandrette aux kémalistes en 1938. C’était, parce que la quasi-totalité de ses habitants – des Arméniens de Syrie donc – ont fui ou ont été évacués sur Lattaquié. En favorisant l’attaque de Kessab, par ailleurs sans intérêt stratégique, on voit donc comment la Turquie profite de la conjoncture chaotique pour effacer aujourd’hui les traces vivantes du génocide de 1915 que sont ces populations descendant des rescapés. Au demeurant le nom même de l’opération militaire– al Anfal, « le butin » – en dit long sur l’état d’esprit qui prévaut parmi les assaillants et constitue un rappel de sinistre mémoire pour leurs proies.

Plus généralement, l’AKP en général et le Premier ministre Erdogan en particulier ont fait montre ces dernière années d’une singulière mansuétude envers le terrorisme international. Dans un rapport de février 2014 de la Foundation for Defense of Democracies, Jonathan Schanzer, expert du Trésor américain en matière de financement du terrorisme, pointe les liens accablant entre Erdogan et Yasin al-Qadi, un saoudien proche de Ben Laden qui semble bénéficier de privilèges diplomatiques en Turquie. Ce rapport pointe également le fait que de nombreux autres terroristes bénéficient de villégiatures dans ce pays, à l’instar de Saleh al-Aruri, le financier du Hamas qui y commanditerait des opérations contre Israël. Enfin, M. Schanzer indique qu’en février dernier, la Turquie est passé à deux doigts d’être inscrite sur la liste du Financial Action Task Force (FATF), une structure internationale destinés à lutter contre les circuits financiers du terrorisme. La liste du FAFT comprend aujourd’hui l’Iran et la Corée du Nord.

L’ensemble de ces agissements devraient conduire la communauté internationale à condamner le régime d’Ankara et à prendre de sérieuses mesures d’endiguement et de rétorsion à son endroit. Le fait que cela n’advienne jamais ôte toute crédibilité aux appels au droit international que ladite communauté peut par ailleurs opportunément lancer.

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